20 Oct · DHD Laïka · 0 Commentaires

Un chasseur de Maral raconte… (Part III)

JOUR V

Après un départ tranquille du camp de base, nous arrivons au fameux camp militaire. Nous sommes chaleureusement à accueilli par les hommes en poste qui nous invitent pour un thé agrémenté  de quelques rations de miel et confiture estampillées du logo de l’armée nationale… j’en profite pour remercier l’Etat kazakh… Ceci dit ils ne sont pas perdant car nous leur avons apporté un plein sac de pomme de terre, des légumes et un peu de viande de maral. Là encore, les liens d’entraide entre les hommes isolés dans la montagne semblent naturels.

La suite de notre parcours à cheval commence par du pittoresque : traverser la rivière sur un pont suspendu… rudimentaire. Quand je l’aperçois de loin je n’y crois pas : les chevaux ne vont pas passer là. Il y en a un autre plus loin… et non, il n’y en a pas d’autre, il va bien falloir passer par là. Tout se passe bien et c’est une fois de plus l’occasion de rendre hommage au calme et à la sûreté de pied de ces chevaux de montagne. A vrai dire le pont bien que suspendu sur quatre câbles s’avère plus costaud que de prime abord mais quand même quand je pense à al comédie que peuvent parfois nous faire nos compagnons français pour passer une grille ou une rampe de camion… Deux heures plus tard nous atteignons notre refuge d’estive… légèrement défraîchi ! Une fenêtre sans carreau et des abords jonchés d’objet divers abandonnés au fil des générations… L’avantage au Kazakhstan est que s’il n’y a pas de trace de l’homme, c’est qu’il n’est jamais venu !

Asrat nous fait la surprise de nous sortir les filets mignons du maral qu’il avait mis à mariner pour en faire des brochettes : juste un délice.  Une viande tendre et douce, un filet de bœuf n’aurait pas été meilleur !

Notre dîner ne sera perturbé que par un magnifique 7×7 qui viendra brâmer à 500 mètres jusqu’à ce qu’un changement de vent ne lui ramène les effluves de son congénère…

JOUR VI

La nuit à la belle étoile à été réparatrice et c’est plein d’entrain que nous attaquons la montagne en quête du premier ibex d’Emmanuel. Le programme est de contrôler tour à tour plusieurs combes qui descendent du haut plateau où nous nous sommes grimpés  avec les chevaux avant de nous engager dans une grande vallée dominée par une succession de barres rocheuses pratiquement jamais chassées. Dès la deuxième combe nous apercevons une bande d’ibex quelques mètres en contrebas de la crête : Arrière toute, il ne s’agit pas de se faire éventer. Kanat éloigne les chevaux de quelques centaines de mètres tandis qu’Asrat, Emmanuel et moi glissons vers le flanc opposé de la combe pour ouvrir l’angle de vue tout en nous éloignant nous aussi. Initiative heureuse. Quand nous jumelons à nouveau, les ibex sont montés encore et sont maintenant à moins de cent mètres du col. Si nous étions restés, nous étions éventés.  Nous rampons sur quelques rochers pour atteindre la cassure le plus discrètement possible et dominer le troupeau à bon vent. Ils sont six, une bande de jeunes mâles dont deux sont déjà d’âge respectable. J’estime le plus grand à 1,10 mètres : pas un monstre mais un beau trophée représentatif.  Emmanuel décide de tirer.

Il s’agit maintenant pour lui de se mettre en position de tir. Les animaux sont calmes. Certains se couchent déjà et par chance le terrain est facile pour Emmanuel en délicatesse avec les reliefs escarpés. Le télémètre indique 142 mètres seulement.  Il faut être prudent, on est au contact. Le tir en contrebas n’est pas évident, le bipode devient une gêne, le sac serait trop gros et le risque de bruit trop important aussi en l’installant. Le tir devra se faire en appui sur la roche en ayant bien pris soin de mettre la main entre l’arme et le rocher. Malgré le surplomb important Emmanuel ne tremble pas et sa balle atteint l’animal devant l’épaule droite pour sortir derrière l’appelle gauche. L’ibex bascule et roule dans la pente : Emmanuel tient son premier ibex de Sibérie,  gageons que ce ne sera pas le dernier.

 

JOUR VII

Nous sommes très loin du camp de base le GPS indique 26,5 km… à vol d’oiseau. Le plus simple est sûrement de descendre et de suivre la rivière jusqu’au bout mais 25 km de chemin de terre en fond de vallée ne m’excitent pas trop. Je propose au guide de passer par la montagne bien qu’à l’évidence ce sera plus long mais nous aurons peut-être la chance de rencontrer un grand sanglier ou un ours pour le plaisir des yeux. Asrat accepté de bonne grâce quitte à faire la route en deux jours car du coup cela représente sans doute 50 km à cheval et de nombreuses montées et descentes pour franchir toutes les petites vallées intermédiaires. Mais cela peut valoir le coup, le Parc de Kolsai Koldery (les lacs de Kolsai) est non seulement une zone protégée de 160 000 ha mais qui plus est en zone frontalière donc particulièrement protégée. Toute la faune d’Asie Centrale y est représentée  du sanglier au mouflon de Marco Polo mais on estime même qu’il héberge une quinzaine des cent léopards des neiges vivants au Kazakhstan. Autant qu’elle balade dans un tel paradis peut être l’occasion de rencontres inoubliables. 

Pleine journée,  cela fait deux heures que nous sommes partis et un hurlement de loup lointain nous arrive aux oreilles, Asrat stoppe immédiatement et colle les chevaux à l’abri dans une petite combe. Nous continuons à pied. Ils sont là, deux magnifiques loups gris à 500 mètres en train de muloter. Ils descendent doucement et si la chance reste avec nous et qu’ils continuent dans le même axe, ils pourraient même passer à 200 mètres juste en dessous de nous !… Cette perspective nous tient en haleine pendant au moins une heure mais les fauves ne feront pas cette imprudence,  nous sommes quitte du moment privilégié d’avoir pu les observer et les filmer ainsi en pleine nature.  Un souvenir exceptionnel. Le soir nous retrouvons en camp intermédiaire un site où nous avons campé quelques jours plus tôt.  Ce sera l’occasion d’essayer de repérer un sanglier pourquoi pas mais plus probablement un maral pour les chasseurs de la semaine suivante. Sans succès mais la journée à eu son lot d’émotion.


– SUITE A LIRE JEUDI PROCHAIN –

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